« Kaki Weiss explore les liens invisibles qui unissent les individus au sein d'une expérience collective. Au cœur de sa pratique se trouve le concept de « rabitah », issu du soufisme : le concept est imaginé comme une corde subtile reliant les âmes entre elles, transcendant les frontières physiques et formant une famille choisie. Dans son interprétation, cette corde imaginaire devient à la fois une expérience symbolique et sensorielle, activée par des actions de faire ensemble, à travers la transmission orale et manuelle. Kaki transpose une allégorie de La simorgh -divinité oiseau- au travers de multiples supports, créant des variations qui font écho à ce voyage de découverte de soi et d'unité. Dans son langage visuel, les oiseaux deviennent à la fois des chercheurs et des miroirs, se plaçant devant des surfaces réfléchissantes, pour finalement réaliser que la divinité réside au sein de leur être commun. Son travail invite les spectateurs non seulement à observer, mais aussi à participer. Iel ouvre un espace où l'art devient rituel, où le lien se ressent autant qu'il se voit. [...] Son travail affirme également une dimension écologique et anticoloniale, en questionnant les modes de cohabitation, les héritages invisibles et les formes de résistance inscrites dans les gestes du quotidien, notamment ceux liés à la cuisine et au partage. Animée par une volonté horizontale, Kaki cherche à mettre sur un même plan les médiums, les personnes et les idées, refusant toute hiérarchie figée. Chaque expérience d'hospitalité devient alors un acte singulier : comme si iel advenait pour la première fois dans l'histoire. Une rencontre unique, irréductible, qui pourtant s'inscrit dans les structures normées du langage et du partage. »
Extrait du texte écrit par Daniela Valderrama Juarez, étudiante en curation, traduit depuis l'anglais, 2026